Confucius est né il y a plus de 2 500 ans, et ses idées allaient traverser les siècles.
Dans une Chine traversée par les rivalités politiques et les bouleversements sociaux, un homme fait un pari étonnant : pour changer le monde, il ne faut pas commencer par changer les lois, ni par imposer la force. Il faut commencer par former les hommes.
Cet homme, connu en Occident sous le nom de Confucius, s’appelle en chinois Kongzi, ou Kongfuzi, « maître Kong ». Né vers 551 avant J.-C. dans l’État de Lu, l’actuelle province du Shandong, il deviendra l’une des figures majeures de la pensée chinoise.
Pourtant, rien ne semble alors annoncer une telle destinée.
Issu d’une famille noble tombée dans la pauvreté, Confucius connaît une jeunesse difficile avant d’accéder à de hautes fonctions dans le gouvernement de Lu. Il devient notamment ministre de la Justice et exerce également une fonction ministérielle intérimaire. Mais sa carrière politique sera brève. Vers 496 avant J.-C., une intrigue politique le contraint à l’exil.
Commence alors une longue période de voyages. Pendant treize ans, Confucius passe d’un État à l’autre, proposant aux différents seigneurs ses services de conseiller et espérant mettre en pratique un idéal de réforme politique et sociale.
Les souverains ne suivent pas réellement ses idées.
Mais quelque chose de beaucoup plus puissant est déjà en train de naître : une école de pensée.
Car si Confucius échoue à convaincre durablement les princes de son temps, il réussit à convaincre des disciples. Et ce sont eux qui vont transmettre son enseignement, compiler ses paroles et faire de son nom le point de départ d’une tradition intellectuelle qui dominera pendant des siècles la pensée officielle chinoise.
Son ambition n’était donc pas seulement de gouverner.
Elle était de former l’homme.
Un monde en crise, une question essentielle : comment gouverner ?

Pour comprendre Confucius, il faut d’abord comprendre le monde dans lequel il vit.
À son époque, les souverains de la dynastie des Zhou ont perdu leur autorité sur l’ensemble du pays. Les États se disputent le pouvoir et les grands problèmes sont avant tout politiques : comment gouverner ? Comment rétablir l’ordre ? Comment assurer au peuple une existence prospère et heureuse ?
Confucius apporte à ces questions une réponse qui peut sembler simple, mais qui est en réalité profondément ambitieuse.
Il faut éduquer les hommes.
Pour lui, le problème politique ne peut pas être séparé du problème humain. Un mauvais gouvernement ne se corrige pas uniquement par la punition ou par la contrainte. Celui qui gouverne doit d’abord être capable de se gouverner lui-même.
Le prince doit donc être un modèle.
Son rôle n’est pas seulement de commander. Il doit former, éduquer et donner l’exemple.
Confucius résume cette idée dans une image devenue célèbre. Le seigneur Ji Kang lui demande s’il serait préférable de mettre à mort les malfaiteurs afin de rendre le peuple vertueux. Confucius lui répond qu’un tel recours n’est pas nécessaire : si le gouvernant est lui-même vertueux, son peuple le deviendra également.
La vertu du prince, explique-t-il, est comme le vent ; celle du peuple est comme l’herbe. Lorsque souffle le vent, l’herbe se courbe.
L’image est forte.
Elle signifie que le comportement de celui qui dirige agit directement sur ceux qu’il dirige. Le pouvoir commence donc par l’exemple.
Pour Confucius, gouverner, c’est d’abord se former soi-même.
Et cette idée va devenir l’un des fondements de sa pensée.
Le ren : découvrir en soi la force de devenir meilleur
Mais une question apparaît immédiatement : qu’est-ce qu’un homme vertueux ?
Pour Confucius, la vertu ne peut pas être simplement imposée de l’extérieur. Elle correspond à une force intérieure qu’il faut découvrir et développer.
Il donne à cette qualité le nom de ren.
Le terme est difficile à traduire exactement. Il peut évoquer l’amour, l’altruisme, la bonté, l’humanité ou encore la vertu parfaite. Cette diversité de traductions reflète la richesse du concept lui-même.
L’homme qui possède le ren est celui qui prend conscience de cette qualité et qui cherche à se perfectionner tout en aidant les autres à se perfectionner.
La perfection personnelle n’est donc jamais séparée de la relation avec autrui.
Devenir meilleur ne signifie pas se détourner des autres.
Au contraire : se perfectionner, c’est aussi contribuer au perfectionnement des autres.
Cette idée apparaît dans une formule devenue célèbre : ne pas faire aux autres ce que l’on ne voudrait pas qu’ils nous fassent.
Confucius désigne cet aspect du ren sous le nom de shu.
Mais il existe également une dimension positive : faire aux autres ce que l’on voudrait qu’ils nous fassent. Confucius la nomme zhong.
Le ren devient ainsi le cœur de sa conception de l’homme.
Il ne s’agit pas simplement d’être savant.
Il faut devenir humain.
L’éducation comme moyen de transformer la société
C’est ici que l’on comprend pourquoi l’enseignement occupe une place si importante dans la vie de Confucius.
Pour lui, une société ne peut être transformée durablement que si les hommes qui la composent sont eux-mêmes formés.
Confucius devient donc éducateur.
Il veut faire de ses disciples des hommes accomplis, capables d’être utiles à l’État et à la société. Son enseignement repose notamment sur les anciens Classiques, qui constituaient auparavant le fondement de l’éducation aristocratique.
Mais Confucius les enseigne largement, sans réserver cette culture aux seuls nobles.
Il transmet notamment six Classiques : le Yijing, le Shijing, le Shujing, le Liji, le Yuejing et le Chunqiu.
La culture et la vertu deviennent ainsi complémentaires.
Pour être un homme accompli, il faut posséder le ren, mais il faut également être cultivé.
Confucius affirme qu’il ne fait que transmettre la culture ancienne. Pourtant, cette affirmation n’est qu’à moitié vraie. Il donne aux textes anciens des interprétations inspirées de ses propres conceptions morales et cherche à donner un sens nouveau à la culture de son époque.
Il ne veut donc pas seulement conserver le passé.
Il veut lui redonner vie.
Le philosophe qui voulait agir sur le monde
Confucius n’est pas un penseur qui se contente d’élaborer des théories abstraites.
Son ambition est profondément pratique.
Il veut que ses idées permettent de transformer la société.
C’est pourquoi il tente de jouer un rôle politique dans l’État de Lu. Il y occupe de hautes fonctions et s’illustre notamment dans une médiation lorsque le prince de Lu entre en conflit avec le prince de Qi.
Mais sa carrière politique ne dure pas.
Vers 496 avant J.-C., une intrigue politique l’oblige à quitter son État.
Commence alors une longue période d’exil.
Pendant treize ans, Confucius voyage d’un État à l’autre. Il espère convaincre différents souverains d’adopter ses principes de gouvernement et de réforme sociale.
Mais aucun ne met réellement ses idées en pratique.
C’est l’un des paradoxes de son existence : l’homme qui voulait réformer la société n’obtient pas, de son vivant, le succès politique qu’il espérait.
Pourtant, son influence ne cesse de grandir.
Elle ne passe pas par les palais.
Elle passe par les élèves.
Les disciples et la naissance d’une tradition
Confucius appartient à cette période chinoise que l’on associe aux « cent écoles » philosophiques. Les penseurs se déplacent de principauté en principauté et proposent leurs services aux seigneurs.
Confucius connaît ce même destin.
Mais son enseignement survit à ses voyages et à ses échecs politiques.
Après sa mort, ses disciples compilent ses préceptes dans un recueil connu sous le nom de Lunyu, les Entretiens.
La tradition lui attribue également le classement et l’organisation des Classiques existant de son vivant, même s’il est très improbable qu’il ait participé directement à leur rédaction.
Ainsi commence la transmission d’une pensée qui va dépasser largement la vie de son fondateur.
Confucius meurt en 479 avant J.-C., après être revenu dans l’État de Lu.
Il n’a pas transformé l’ensemble des princes de son époque.
Mais ses disciples vont transformer l’histoire de ses idées.
Quand Confucius devient la doctrine de l’État
La pensée de Confucius ne reste pas limitée à un cercle de disciples.
Sous la dynastie des Han, elle devient la doctrine officielle de l’État.
Les fonctionnaires sont désormais recrutés parmi ceux qui connaissent cette tradition, et les Classiques deviennent la base de l’éducation officielle ainsi que du programme des examens destinés au recrutement des fonctionnaires.
Le mouvement est considérable.
La pensée d’un homme qui n’avait pas réussi à convaincre durablement les souverains de son époque devient progressivement l’un des fondements intellectuels du gouvernement chinois.
Mais le confucianisme évolue.
Au cours des siècles, il s’ouvre à certaines formes de syncrétisme et dialogue avec d’autres traditions. Aux IIIe et IVe siècles, il perd notamment beaucoup de son influence au profit du bouddhisme.
Puis, au XIe siècle, une nouvelle renaissance apparaît : le néoconfucianisme.
La pensée de Confucius est alors réinterprétée, approfondie et confrontée aux idées taoïstes et bouddhistes.
Le confucianisme n’est donc pas une doctrine figée.
Il se transforme au fil des siècles.
Mencius : l’homme est-il naturellement bon ?
Parmi les grandes figures du confucianisme, Mencius occupe une place essentielle.
Né environ un siècle après Confucius, il représente la tendance idéaliste de cette tradition.
Son problème est celui que Confucius avait laissé en partie dans l’obscurité : quelle est la nature de l’homme ?
Mencius apporte une réponse nette.
Selon lui, la nature humaine est bonne.
L’homme possède en lui un fond moral qu’il doit apprendre à développer. La bonté humaine trouve son origine dans la pitié ; la justice dans la pudeur ; le sens des convenances dans la modestie et le respect ; la sagesse dans la connaissance du bien et du mal.
Pour Mencius, ces dispositions sont comparables à des membres du corps.
Elles existent, mais il faut les développer.
Il utilise notamment l’image du feu qui commence à brûler ou de la source qui commence à jaillir : une disposition initiale doit être entretenue et développée pour atteindre son plein accomplissement.
Cette conception donne au confucianisme une dimension plus intérieure.
L’homme peut développer pleinement sa nature et parvenir à une conscience dans laquelle la distinction entre lui-même et les autres, puis entre l’individu et l’univers, s’efface.
Xunzi : et si l’homme était naturellement mauvais ?
Quelques générations plus tard, Xunzi défend une position presque opposée.
Là où Mencius affirme que la nature humaine est bonne, Xunzi soutient que la nature de l’homme est mauvaise et que sa bonté est une culture acquise.
Pour lui, la nature constitue le matériau brut.
L’éducation apporte les perfections et les raffinements.
Sans la nature, rien ne pourrait être transformé. Mais sans l’éducation, la nature ne pourrait pas devenir belle d’elle-même.
Cette conception donne une importance considérable à la culture, aux rites et à l’organisation sociale.
Si les hommes sont naturellement poussés vers leurs désirs, la morale devient une condition indispensable de la vie collective.
Xunzi analyse donc davantage la structure sociale et culturelle.
Il s’intéresse également à la musique et aux cérémonies. Les hommes ne peuvent vivre sans joie, explique-t-il, mais cette joie doit recevoir une forme conforme au juste principe afin d’éviter le désordre.
Même les rites funéraires peuvent être compris rationnellement : ils permettent de donner une forme aux sentiments et constituent une nécessité sociale.
Xunzi rejette par ailleurs les superstitions de son époque et développe une théorie objective de la connaissance.
La nature suit ses propres transformations : les étoiles décrivent leur orbite, le soleil et la lune alternent, les saisons se succèdent, le yin et le yang connaissent leurs mutations.
La vocation de l’homme est alors d’utiliser ce que la nature lui offre et de créer sa propre culture.
C’est pourquoi les historiens parlent de la pensée de Xunzi comme d’une philosophie de la culture.
Le chemin du perfectionnement : du soi au monde
Deux textes vont ensuite approfondir cette réflexion : le Daxue, la « Grande Étude », et le Zhongyong, la « Doctrine du milieu ».
Ces ouvrages, d’abord intégrés au Liji, deviennent progressivement des textes autonomes et formeront, avec les Entretiens de Confucius et les Entretiens de Mengzi, les Quatre Livres de l’enseignement confucéen.
Le Zhongyong insiste sur la nature intérieure de l’homme et sur ce qu’il faut appeler l’« extrême sincérité ».
Le Daxue, quant à lui, relie directement perfectionnement personnel et ordre politique.
Son raisonnement dessine une véritable chaîne :
Pour mettre de l’ordre dans le monde, il faut mettre de l’ordre dans l’État.
Pour mettre de l’ordre dans l’État, il faut régler sa famille.
Pour régler sa famille, il faut cultiver sa propre personne.
Pour cultiver sa propre personne, il faut rectifier son esprit.
Pour rectifier son esprit, il faut rendre ses pensées sincères.
Et pour rendre ses pensées sincères, il faut développer son savoir.
La transformation du monde commence donc par une transformation intérieure.
Le politique commence dans l’individu.
C’est peut-être l’une des idées les plus fortes de toute la tradition confucéenne.
Dong Zhongshu : quand l’ordre humain rencontre l’ordre du cosmos
Sous les Han, le confucianisme prend également une dimension cosmologique.
Le grand lettré Dong Zhongshu entreprend une vaste synthèse entre les idées confucéennes, les théories du yin et du yang, les cinq éléments et certaines conceptions provenant d’autres courants de pensée.
Dans son système, l’univers comprend le ciel, la terre, le yin et le yang, les cinq éléments — métal, bois, eau, feu et terre — ainsi que l’homme.
L’ordre cosmique et l’ordre humain présentent alors une structure comparable.
Les vertus humaines sont mises en relation avec les cinq éléments : la bonté avec le bois, la justice avec le métal, les convenances avec le feu, la sagesse avec l’eau et la bonne foi avec la terre.
Cette correspondance conduit à une conséquence politique importante : le souverain doit régler sa conduite afin que l’empire soit en paix et que l’univers demeure en harmonie.
Le confucianisme devient ainsi progressivement plus qu’une éthique.
Il devient aussi une vision globale de l’homme, de la société et du monde.

Zhu Xi : chercher le principe caché derrière les choses
Des siècles plus tard, le néoconfucianisme connaît une nouvelle grande transformation.
Zhu Xi, figure majeure de l’école des Principes, affirme que l’univers est composé de deux éléments fondamentaux : le li et le qi.
Le li est le principe selon lequel les choses se produisent ; le qi correspond à la matière et à ce qui donne aux choses leur forme.
Selon Zhu Xi, le Suprême Ultime réside en toute chose et en tout homme.
Mais il est comme une perle cachée dans une eau trouble : présent, mais difficile à percevoir.
La tâche de l’homme consiste donc à rendre cette perle visible.
Comment ?
Par l’investigation des choses.
Il faut observer les phénomènes de la nature et de la société, étudier les paroles des anciens sages et travailler patiemment à comprendre les Classiques.
La connaissance devient alors un chemin de perfectionnement.
La vérité n’est pas simplement donnée.
Elle doit être recherchée.
De l’esprit individuel à l’univers
L’école de l’Esprit, représentée notamment par Lu Jiuyuan puis par Wang Shouren, connu sous le nom de Wang Yangming, pousse la réflexion dans une autre direction.
Pour Lu Jiuyuan, il ne faut pas se perdre dans une multitude d’observations dispersées. Il faut d’abord établir ce qui est essentiel.
Si la nature humaine possède le ren, cette bonté constitue le lien métaphysique entre l’individu et l’univers.
Il formule alors une idée radicale : « L’univers est mon esprit, et mon esprit est l’univers. »
Wang Yangming poursuit cette réflexion.
Mais son idéalisme ne signifie pas qu’il abandonne l’action.
Au contraire, il est également un homme d’État.
Il insiste sur la différence entre la manière dont les bouddhistes et les confucianistes envisagent les relations humaines. Pour lui, le confucianisme ne consiste pas à fuir les relations humaines, mais à les assumer avec amour, justice et respect.
Même dans sa forme la plus idéaliste, le confucianisme reste donc profondément tourné vers la vie humaine et sociale.
Une pensée confrontée à la modernité
Sous les Qing, certains lettrés réagissent contre les tendances métaphysiques du néoconfucianisme.
Yan Yuan insiste sur l’action et oppose au « monde des mots » un « monde de l’action ».
Les lettrés de cette période accordent également une grande importance aux études historiques et philologiques des Classiques. Ils veulent retrouver des interprétations qu’ils jugent plus proches des idées anciennes.
Puis vient une période de profondes transformations politiques.
Kang Youwei, figure majeure des réformateurs, cherche à renouveler le confucianisme et tente même d’en faire une religion.
Il imagine un avenir dans lequel les États nationaux seraient abolis, les distinctions raciales éliminées et les traditions et cultures harmonisées.
Son programme politique immédiat reste cependant celui d’une monarchie constitutionnelle.
La réforme qu’il dirige en 1898 ne dure que quelques mois.
Une nouvelle rupture intervient après la révolution de 1911.
Le mouvement littéraire du 4 mai 1919 lance de violentes attaques contre le confucianisme, identifié à l’idéologie féodale.
Pourtant, la tradition confucéenne ne disparaît pas.
Elle continue à être discutée, réinterprétée et reconstruite.
Un héritage plus grand que son fondateur
C’est finalement là que se trouve peut-être le paradoxe le plus remarquable de Confucius.
L’homme qui espérait conseiller les souverains n’a pas réussi à imposer durablement ses idées aux princes qu’il a rencontrés.
L’homme qui voulait contribuer à réformer la société n’a pas obtenu, de son vivant, la transformation politique qu’il espérait.
Mais l’éducateur a réussi là où le conseiller politique avait échoué.
Ses disciples ont transmis son enseignement.
Les Entretiens ont conservé ses paroles.
Les Classiques ont nourri pendant des siècles l’éducation des lettrés.
Le confucianisme est devenu la doctrine officielle de l’État sous les Han.
Puis il a été réinterprété par Mencius, Xunzi, Dong Zhongshu, Zhu Xi, Lu Jiuyuan, Wang Yangming et de nombreux autres penseurs.
Il a connu des périodes de recul, des transformations, des critiques et même des interdictions.
Mais il n’a jamais cessé de susciter la réflexion.
Car au fond, le projet de Confucius repose sur une idée aussi simple qu’exigeante :
si l’on veut changer le monde, il faut commencer par changer l’homme.
Et pour changer l’homme, il faut l’éduquer.
Il faut lui apprendre à se gouverner lui-même avant de prétendre gouverner les autres. Il faut développer en lui le ren, cette disposition intérieure qui pousse à se perfectionner tout en aidant autrui à progresser. Il faut unir la culture à la vertu, la connaissance à l’action, la formation personnelle à la responsabilité sociale.
Confucius n’a donc pas laissé derrière lui seulement une doctrine.
Il a laissé une méthode de transformation.
Du perfectionnement de l’individu à l’ordre de la famille, de l’ordre de la famille à celui de l’État, de l’État à la paix du monde, son enseignement trace un chemin qui part de l’intérieur de l’homme pour s’étendre progressivement à toute la société.
C’est peut-être pour cela que son héritage a traversé les siècles.
Parce que derrière les débats sur le gouvernement, les Classiques, la morale, la nature humaine ou l’organisation de la société demeure une question universelle : comment devenir meilleur, individuellement et collectivement ?
Confucius répond par l’éducation, par la vertu, par la connaissance et par l’attention portée aux autres.
Il n’a pas réussi à soulager immédiatement la misère du monde.
Mais il a consacré son existence à chercher le moyen de rendre les hommes capables de le faire.
Et c’est ainsi que, plus de deux millénaires après sa mort, le “maître Kong” reste une figure majeure de l’histoire de la pensée chinoise.
SOURCES
- Larousse, « Confucius », Encyclopédie Larousse, notice consacrée à Confucius, en chinois Kongzi ou Kongfuzi (vers 551-479 av. J.-C.).
- Larousse, « Confucianisme », Encyclopédie Larousse, notice consacrée à la doctrine de Confucius, à son évolution historique, au néoconfucianisme, ainsi qu’aux figures de Mencius, Xunzi, Dong Zhongshu et Zhu Xi.
- ASAP Éditions, Confucius – 230 citations, édition consacrée aux pensées et citations de Confucius.
FAQ sur Confucius
Qui était Confucius ?
Confucius était un philosophe et enseignant chinois né vers 551 avant notre ère, dont la pensée a profondément influencé la société et la culture chinoises.
Pourquoi Confucius refusait-il le pouvoir ?
Il refusait le pouvoir lorsqu’il estimait qu’il l’éloignait de ses principes, préférant rester fidèle à sa vision d’une société juste et harmonieuse.
Que cherchait-il à transmettre à ses disciples ?
Il leur enseignait l’importance de l’éducation, de la vertu, du respect des autres et de la responsabilité dans la vie publique.
Quel est l’héritage de Confucius aujourd’hui ?
Son héritage se retrouve encore dans la pensée, l’éducation, la morale et la culture de nombreux pays d’Asie.
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